FantasyFay présente

Des écrits pour rêver, des écrits pour penser, des écrits pour sourire ou bien pleurer, des écrits pour exorciser. 
Bon voyage dans mes bulles de rêves...

Encore un peu de prose?

Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /Oct /2007 09:00
Elle se mit à sourire toute seule accoudée au bar enfumé, son verre suspendu à ses lèvres sans pour autant y boire. De toute façon, c’était sans doute le verre de trop, elle avait juste besoin de sentir le contact froid du verre entre ses doigts. Après un instant elle le reposa pour allumer une cigarette. Ce n’était pas vraiment bien pour elle, ça détruisait les poumons apparemment, mais qu’elle importance ? Elle était comme ces personnages troubles et sombres de ces vieux films en noir et blanc. Vêtue de son petit tailleur, elle se voyait bien en femme fatale à la Hitchcock. Pourquoi pas après tout. Ce n’était qu’un vieux film en noir et blanc. A cet instant elle pouvait bien être qui elle voulait, s’inventer une personnalité nouvelle qu’elle oublierait sitôt sortie du lieu. L’idée la séduisait.
C’est alors qu’il apparut. Une entrée digne d’un vieux thriller, aussi désœuvré qu’elle. Ses lèvres esquissèrent un mince sourire comme il prenait place tout près d’elle. Elle imagina une entrée en matière originale : Hé chéri… Ca te dirait un remake ? Elle gloussa. L’idée était tellement saugrenue. Mon mignon, t’as l’air de quelqu’un qu’a besoin d’un verre. De mieux en mieux. Son sourire s’agrandit et elle se mit à regarder consciencieusement sa téquila sunrise. Allez, tant pis pour le come back du film noir… Pourquoi ne pas procéder à une approche plus classique ?

Par morgane - Publié dans : Encore un peu de prose? - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /Oct /2007 02:04

Il n’avait plus les idées très claires. Sa tête était comme dans du coton et il n’arrivait plus très bien à réfléchir. La seule chose dont il arrivait à se souvenir c’était son visage. Un visage qu’il ne pouvait oublier. Arrivé chez lui il n’alluma pas la lumière, préférant la pénombre illuminée seulement par les quelques rayons de la lune qui filtraient à travers les rideaux. Il se mit à sourire. C’était idiot : Il n’avait fait que la croiser mais n’arrivait pas à se la sortir de la tête. Son parfum qu’il n’avait pu capturer que l’espace de brèves secondes semblait encore flotter dans l’air ambiant, enivrant, obsédant. Il n’avait fait que la croiser mais il se rappelait de chaque détail : Sa silhouette si féminine et attirante, sa démarche si féline et sensuelle, ses lèvres pulpeuses qu’il imaginait avoir le goût de framboise, son regard, si profond qu’il n’avait qu’une envie, celle de s’y noyer. Il n’avait fait que la croiser mais pourtant elle le suivait, si présente qu’elle lui tournait la tête, si absente qu’il s’en sentait déprimé. Elle avait posé sa marque sur lui et il n’avait suffit que d’un regard, l’espace d’une seconde.

Il resta un instant immobile au milieu du salon puis un vieil air se fraya un chemin dans les méandres de ses pensées embrumées. Ce n’était pas un air joyeux ni même triste, c’était un air emprunt de nostalgie et de regrets, un air entêtant et lancinant, comme elle. Il l’imagina qui dansait sur cet air, qui dansait rien que pour lui.    
Par morgane - Publié dans : Encore un peu de prose? - Communauté : Ecrire
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Dimanche 7 octobre 2007 7 07 /10 /Oct /2007 08:07

Elle a toujours été joueuse. Joueuse mais sauvage. Elle me l’a dit elle-même, elle est comme une panthère prisonnière d’un corps de femme. Avec elle nulle question de routine, elle est rêve d’interdits. C’est bien simple, je ne sais à quoi m’attendre.

C’est comme cette après-midi... Je venais de rentrer et elle était là, dans le salon, le souffle court et les joues rosies comme si elle venait de courir, incroyablement belle, plus féline que jamais. Sa poitrine se soulevait avec difficulté, irrégulière. Elle était un peu échevelée et ses mains tremblaient, ses yeux étaient un peu humides mais ils pétillaient.
Je savais pertinemment la raison de son état et ça ne me plaisait pas, elle me donnait l’impression d’être exclu de ses plaisirs, de n’être qu’une petite souris avec laquelle elle jouait à outrance avant de la croquer. Ca ne me plaisait pas mais… C’est ainsi qu’elle me captivait.
Quand je lui demandais ce qu’il l’avait tant essoufflée, cette lueur d’amusement mêlée de prétentieuse assurance que je lui connaissais s’alluma dans son regard. Elle me détailla un instant de bas en haut en silence, avec le même regard qu’un prédateur, et me répondit seulement avec un sourire en coin :
-Je taquinais le chat, c’est tout, me répondit-elle avec effronterie et sans aucune pudeur. Tu viens ? 
Pouvais-je refuser une telle invitation ? Je ne suis qu’un homme et mieux encore, l’instrument consentant de sa mélodie impertinente.
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 11:46
J’ai toujours eu un faible pour les films d’époques ou les pièces de théâtre classiques dans lesquels les personnages qui souffrent font toujours preuve d’une certaine retenue. De même, j’ai à chaque fois un petit élan de nostalgie quand je constate que les gens ne prennent jamais le temps d’écrire de longues lettres. Du coup, un petit mélange des genres devait forcément arriver un jour…
 
 
Cher ami,
 
Allez-vous bien ? La nuit a-t-elle cessé de vous tourmenter par ces cauchemars qui vous assaillaient ? J’ose l’espérer car cela fait des mois maintenant que je vous écris sans seulement attendre une réponse de votre part. J’ignore même si un jour votre regard parcourra les quelques lignes que j’écris en cet instant et dont, par la force de l’habitude, j’ai finis par connaître chaque mot.
Quelle misérable tableau ne dois-je pas donner à voir à mon entourage. Vous qui veniez souvent me rendre visite auriez peine à me reconnaître à présent car il me faut bien l’avouer, mon cœur est vide et je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Bien souvent il me semble que le temps s’est suspendu à l’annonce de votre soudain départ et bien souvent les mêmes questions reviennent me hanter. Pourquoi mon ami ? Pourquoi m’avoir ainsi abandonnée et rompu tous les liens qui nous rattachaient l’un à l’autre ?
Il y a tant de choses que j’aurais dû vous dire. A quel point votre compagnie m’était agréable et à quel point vous comptiez pour moi… Qu’elle sotte je fais : Mes mots ne peuvent vous atteindre et pourtant je ne peux m’empêcher d’écrire cette lettre que, faute de savoir où vous vous trouvez, je ne pourrai jamais vous faire parvenir. Encore une lettre que je rangerai avec tant d’autres semblables dans le dernier tiroir de mon secrétaire, amer gardien de mes remords.

 

Par morgane - Publié dans : Encore un peu de prose? - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 11:44

nuages.jpg

Elle vient dans ce parc tous les jours : Elle s’allonge dans l’herbe verte et grasse de la pelouse et ne bouge plus. Elle peut rester ainsi pendant des heures, son ventre se soulevant au rythme apaisé de sa respiration. Pour le promeneur passant par là elle pourrait sembler dormir, mais ce n’est pas le cas. Elle regarde le ciel avec un vague sourire flottant sur ses lèvres : Tout là-haut il y a des histoires qui n’appartiennent qu’à elle seule, des histoires que lui racontent les nuages.

Aujourd’hui ce sont des rêves qu’ils veulent lui conter. Des rêves qui appartiennent à d’autres temps, à d’autres lieux. Son sourire se fait plus gourmand et elle se met à fouiller le ciel avec avidité. Puis, doucement, son esprit s’envole vers ces nuages qu’elle aime tant et elle s’en va les rejoindre. Elle part avec eux, vers un autre monde. Elle se met à rêver.
 
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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 19:14

Je dois être dans une phase guimauve... J'avais prévu une nouvelle poésie pour cet article mais je sais pas pourquoi, celui-ci s'est imposé à la place à la dernière minute. J'ai eu envie d'un texte à la fois tendre et intimiste. J'espère qu'ils vous plaira autant qu'à moi car il est assez éloigné du ton qu'on la plupart de mes textes. Quant à mon poème et bien... Ce sera pour demain ! ^^

Elle est un peu nerveuse lorsqu’elle s’assoit à un bout de ce grand canapé noir. Ses mains jouent une fois de plus le même air, entortillant encore et encore le devant de sa chemise. C’est la même chose à chacune de ses visites : A un moment elle va s’obliger à arrêter, elle posera ses mains bien à plat sur ses genoux mais après quelques minutes, elles reprendront leur manège avec le tissu de sa jupe. Ses mains ne veulent jamais lui obéir quand elle vient dans cette pièce.
Le silence. Il la met plus mal à l’aise encore plus mais c’est à elle de parler la première. Ce sont les règles du jeu. Elle regarde les étagères autour d’elle en se mordant la lèvre inférieure. Elle ne sait pas vraiment par où commencer. En venant ici, elle a toujours l’impression de se sentir en faute. C’est ridicule elle se sait, elle est là pour se sentir mieux. Il attend.
-Je ne sais pas ce qui m’a pris…
Elle hésite. L’autre ne dit rien. Il conserve son sourire calme et l’encourage d’un signe de tête à continuer. Elle se détend. Un peu.
-Je… C’était étrange. Je ne suis pas comme ça.
Elle se dandine un peu, se sentant un peu perdue, seule dans ce canapé qui lui parait immense. Le début n’est jamais facile et elle a un sourire crispé.
-Je suis plutôt timide vous savez et…
Oui il le sait. C’est pour cela qu’elle vient le voir chaque semaine. Elle a arrêté de tripatouiller nerveusement sa jupe et entremêle maintenant maladroitement ses doigts qu’elle serre et desserre par saccades.
-Je… J’ai beaucoup de mal à aller vers les autres mais avec lui… C’est bête, je… Je ne l’ai vu qu’une seule fois mais… J’ai tout de suite été à l’aise.
Elle soupire et se lance.
-C’était quand je rentrais de mon voyage. J’attendais ma correspondance et lui la sienne et…
Elle se mordille le pouce, le regard un peu fuyant. Elle fait toujours ça quand en elle se mêlent gêne et excitation. Elle est heureuse.
-Il m’a juste invité à prendre un café et j’ai accepté. On a discuté et quand il a du partir, il m’a donné ses coordonnées et…
Elle sourit, timidement comme toujours.
-Il a dit qu’il aimerait me revoir.
Elle rougit et baisse un peu la tête. Sa voix n’est plus qu’un mince filet d’air.
-Il m’a embrassé… Juste avant de monter dans son train et je… Je l’ai laissé faire…
-Vous allez le revoir ? demande l’autre en souriant gentiment.
C’est la première fois de la séance qu’il prend la parole. Il a l’air content d’elle. Son sourire s’épanouit sur son visage. Elle hoche un peu de la tête.
-Oui, j’aimerai beaucoup.
Par morgane - Publié dans : Encore un peu de prose? - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /Juin /2007 15:12
Quand elle est née, elle n’a pas crié, ni même pleuré. Elle est née silencieuse et les a juste regardés, ces gens qui lui avaient donné la vie. C’est un beau bébé mais il est différent. Elle a de grands yeux gris, des yeux couleur de pluie, des yeux de plusieurs vies.
Elle a grandi. C’est une belle petite fille aux boucles blondes et au visage d’ange. Mais elle ne parle pas et reste solitaire. Jamais un sourire ne vient s’épanouir sur ses lèvres comme un bouton de fleur s’ouvre à l’arrivée du printemps, jamais une larme ne vient serpenter le long de sa joue pour finir sa course dans le creux du menton. Elle ne s’énerve jamais et reste toujours égale... Mais son regard met mal à l’aise.
Elle vieillit. Elle traverse les ans, sans joie ni peine, froide et impassible, indifférente. Elle observe et elle attend. Que veut-elle ? Qu’espère-t-elle ? A-t-elle seulement des rêves ?
Le temps passe, il s’écoule comme un torrent, vite, encore plus vite, toujours plus vite. Sa fin est là. Elle est lasse et s’apprête à partir. Fermant les yeux, elle pousse un ultime soupir. Cette fois peut-être…
Les jours défilent en danse folle. La vie continue sans elle, elle tombe dans l’oubli. D’autres meurent, d’autres naissent. Un enfant voit le jour. C’est un garçon, un petit être aux yeux couleur de pluie.

Par morgane - Publié dans : Encore un peu de prose? - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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