On peut aimer écrire sans jongler avec les mots, on peut aimer la poésie sans vouloir faire des rimes. Voici donc une nouvelle rubrique pour tisser des mots les uns aux autres, un peu poème, un peu bohème, selon l'humeur du moment...
Par morgane
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Lisant un jour mes vers, quelqu'un me demanda pourquoi je soumettais à mon lecteur autant de questionnements. N'avais-je donc pas les réponses à mes
questions? Bien sûr. Les lui livrerai-je un jour? Non. Mais voici ce que je consentis à lui dire:
"Je pose ces questions parce que j'aime les points d'interrogation. Je les aime parce qu'ils sont une invitation à serpenter sur un
chemin étrange, un chemin menant à mon essence. Et je ne suis pas guide pour ce périple mais perdition car pour connaître les tréfonds de mon âme, tu dois d'abord t'y perdre
et t'y dissoudre. C'est un voyage à faire en solitaire.
Les points d'interrogation vois-tu sont plein de charme et de mystère, de promesses mêlées d'incertitudes, laissés en suspens sur le fil du temps, en un mot ils
sont des portes dont il faut trouver la clé, une recherche à faire soi-même. N'est-ce pas là le plus facinant des points de ponctuation? "
Par morgane
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Il est d’abord plume, ce désir que tu ressens. Tu ne sais pas ni d’où il vient ni où il va, juste qu’il te caresse, qu’il te frôle avec tendresse. Tu ne comprends pas mais tu savoures, c’est un instant privilégié, un instant de volupté.
Puis cette plume devient chatouille, occultant tes pensées, laissant parler tes sens. Elle t’intrigue et elle t’agace, elle te titille et te questionne : Est-ce réciproque ?
Et tu te sens rougir car cette chatouille est faite de flammes. Des flammes brûlantes, mais tu ne peux partir : Elles te laisseraient un goût d’inachevé, un doute planant que tu aurais voulu combler. Ces flammes, elles te lèchent et te dévorent, elles te harcèlent et t’emprisonnent, elles ne te laissant aucun répit : Ses yeux étaient-ils déjà de braise avant ?
Puis ces flammes deviennent volcan. Explosion des sens, cet appel devient pressant, ton envie se fait prenante. C’est sans conteste incertain, c’est sans conteste difficile mais tu as une soif à étancher et des réponses à trouver. Tu oublies tout, craintes et attentes, tu oublies tout, on verra bien, un seul mot d’ordre : Fonce.
Par morgane
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Je les entends sans cesse, ces couples qui en deux jours à peine ne font que dire je t’aime. Tu l’aimes dis-tu ? Connais-tu donc ses tourmentes ? Connais-tu donc ses côtés sombres, ceux que tu ne voudrais ni voir ni éprouver ? Serais-tu prête à lui donner ton corps, ton cœur, toi toute entière pour qu’il puisse s’épancher ? Es-tu prête à être pour lui soutien infaillible même si cela te blesse ? Tu l’aimes dis-tu ? Non, tu ne l’aimes pas, tu le crois seulement... sur l’instant. Attends donc des mois, des années même avant de dire je t’aime.
Je ne dirai pas je t’aime, c’est un mot trop précieux. Trop précieux pour être distribué comme un bout de papier. Ce n’est pas un mot que l’on dit pour faire plaisir à l'autre, c’est un mot que l’on prononce lorsque l’on sait, lorsqu’on le sent. Lorsque son regard te fera sentir folle, lorsque tes entrailles se noueront à sa simple pensée, là… peut-être, tu pourras le lui dire.
Moi je ne dirai pas je t’aime, j’en suis bien incapable. Je sais peut-être écrire mais je ne sais parler. Sans doute est-ce moins facile… Moi je parle avec mes yeux, avec mes gestes. Nul besoin de mots, encore faut-il les voir…
Par morgane
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Vous les humains… Vous dites que les chevaux sont bêtes. Je ne voudrais pas jouer sur les mots mais… Oui bien sûr, c’est ce que nous sommes ! Blague à part, moi qui suis un éminent personnage de la gente chevaline, je sais de quoi je parle et je me dois de vous contredire.
D’accord, d’accord… Parfois on n’a pas vraiment envie de vous obéir… Mais imaginez un peu avoir un mords entre les dents ! Et puis faire des tours de manèges, vous croyez que c’est amusant ? Quand on voit l’herbe dans le pré d’à côté… Sûr, c’est plus intéressant. Mais non… On décide de prendre un peu de bon temps et là, tout de suite, on est un idiot de canasson. Et puis je ne veux pas dire… Mais ça dépend aussi du cavalier ! Là, regardez-moi en ce moment : Ma cavalière… Rien à dire, elle sait y faire ! Du tact et de la douceur. Elle au moins, elle ne m’arrache pas la bouche. Forcément, dans ces conditions, je veux lui obéir. Allez, faut tourner à droite ? Aucun problème mademoiselle. Un petit demi-tour ? Mais tout à fait, je suis votre humble destrier…
Oh oh… Oh non ! Ah le cauchemar ! Au secours… un taon ! Non… Va-t-en sale bête ! Non… Ne t’approche pas de moi… Peut-être qu’un petit coup de patte… Hé ho ! Holà j’ai dit ! Non… Pas mon entrejambe… c’est sensible par là. Mais… Mais… Aïeuh ! Ah non, là j’en peux plus ! Ca fait trop mal, il faut que je m’en débarrasse. Mais ça va, hé hé… J’ai un bon truc pour ça : Il suffit de ruer dans les brancards. Après, elle se casse la petite peste ! Et hop… Y’a juste le petit coup de rein à prendre…
Aaaah… Et voilà, tout de suite, ça va mieux… Quoi ? Où en étais-je déjà ? Ah oui… Et bien non, un cheval, ce n’est pas idiot, c’est juste sensible aux attentions de son cavalier… D’ailleurs... Elle est passée où ma charmante demoiselle… ?
Par morgane
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A toi ma sœur qui poussa ton premier cri en même temps que moi. A toi ma sœur qui partage toutes mes joies mais aussi toutes mes peines. A toi ma sœur, ma chair et mon sang, que je défendrai contre ceux qui font du mal, ceux-là subiront ma colère. A toi ma sœur avec qui je partage mes rêves les plus fous, à toi ma sœur qui me soutient et m’encourage. A toi ma sœur que je remercie simplement d’être là, d’exister, de m’accompagner sur ce chemin que l’on nomme la vie. A toi ma sœur qui sait être doux réconfort mais qui sait aussi dire ce qui est, sans détour ni fioritures. A toi ma sœur sans qui je me sentirais bien seule, à toi ma sœur…
Tu es la pierre d’Ambre que je porte à mon cou, tu es chaque jour Aurore qui éclaire mon matin. A toi ma sœur, je te dis merci.
Par morgane
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Parce que je t’ai donné mon corps, tu as cru pouvoir m’enfermer ? Parce que je gémissais sous tes caresses, tu as cru pouvoir me retenir ? Parce que j’ai jouis sous tes
baisers, tu as cru que je t’appartenais ? Ah tu as cru pour pouvoir me les limer mes griffes ! Mais tu te trompes mon mignon, tu te trompes… Je ne suis pas celle que tu chantes.
Oui, souris donc… Souris donc tant que tu le peux. Souris donc de ce sourire assuré, signe de ta suffisance, ta présomption, ton arrogance. Souris donc car demain il ne sera plus
là. Profites-en de ce baiser que je te donne, c’est le dernier. Je ne suis pas un chaton moi, je ne suis pas la docile que tu crois, je peux me passer de toi. Soupire donc à cette caresse, je te
l’offre et de bon coeur. Ferme les yeux et profites en de cette volupté que je t’accorde, c’est mon cadeau d’adieu. Moi on ne me retient pas comme ça, en me mettant en cage, fut-elle dorée. On ne
me retient pas par une laisse masquée de simples mots doux. Oui, souris donc… Demain tu pleureras.
Par morgane
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A vos plumes !