FantasyFay présente

Des écrits pour rêver, des écrits pour penser, des écrits pour sourire ou bien pleurer, des écrits pour exorciser. 
Bon voyage dans mes bulles de rêves...

Les chroniques de l'étrange

Lundi 14 mai 2007
Bienvenu cher lecteur pour cette première des chroniques de l’étrange. Pourquoi choisir un tel sujet ? Tout simplement parce notre folklore est rempli d’histoires plus extraordinaires les unes que les autres qui m’ont donné l’envie de creuser un peu sous la surface. Que savons- nous réellement au sujet de tous ces êtres merveilleux qui peuplent notre imaginaire ? Pas grand chose si ce n’est ce que l’on nous a raconté. Et qu’en pensent les intéressés ? Tout ce que l’on dit est-il vraiment vrai ou l’imagination a-t-elle trop prit le pas sur la vérité ? Pour le savoir et, j’ose l’espérer, mettre fin à certains préjugés, votre humble servante a donc eu l’idée de se renseigner directement auprès des concernés.
Je dois dire que ça n’a pas été chose aisée : Je me suis baladée un peu partout sans réussir à croiser l’un de ces personnages de légendes dont parlent nos livres. Il est en effet peu évident de rencontrer l’un de ces êtres : Aspiration à la solitude ? Accès de timidité ? Le mystère qui les entourait n’en restait que plus grand et je me suis donc décidée à passer des annonces dans le monde surnaturel espérant obtenir des rendez-vous. Franchement… Je commençais à désespérer lorsque enfin je reçu la réponse tant espérée. C’est donc avec une certaine fébrilité mais néanmoins très enthousiaste que j’appris que ma première interview serait celle d’une certaine Orianne Grey, fantôme de son état et qui acceptait bien gentiment de me recevoir. J’ai donc préparé mes valises en toute hâte et suis partie. Direction : L’Angleterre, à quelques kilomètres de Middlesbrough, en pleine campagne.
Au fur et à mesure que je me rapprochais de ma destination, ma nervosité ne cessa de grandir car je me rendais compte que l’ignorance de mes lecteurs était également la mienne : Comment devais-je me comporter ? Y avait-il des choses à ne pas faire ? Qu’est-il considéré comme impoli pour un fantôme ? Et puis d’abord, à quoi devais-je m’attendre ? Une maison en ruine ?
Je fus donc assez surprise lorsque mon taxi me déposa devant un ravissant petit cottage au jardin très bien entretenu : Pas vraiment l’allure d’une habitation hantée et je le demandais si je n’avais pas été la cible d’une mauvaise blague. Mais tant pis, j’allais quand même sonner à la porte. Autre surprise, ce fut un vieux monsieur, tout ce qu’il y a de plus vivant, qui m’ouvrit. Perplexe, je bafouillais des excuses en expliquant tant bien que mal que je cherchais une certaine Orianne Grey mais que je devais avoir fait une erreur dans l’adresse. Mon interlocuteur, qui se présenta sous le nom de Philip Graham (et à bien y réfléchir, il avait effectivement une pointe d’accent écossais), se chargea de me détromper et m’invita à entrer avant de me conduire dans le salon où il m’annonça qu’Orianne ne tarderait pas à venir. J’étais doublement perplexe. Vraiment tout cela était bien loin de ce que j’avais pu imaginer.
C’est alors qu’elle apparut devant moi, superbement habillée à la mode du XIXème siècle. Intimidée, je dois le dire, je lui adressais mes salutations auxquelles elle répondit aimablement avant de m’inviter à m’asseoir pour prendre un peu de thé, s’excusant de ne pas pouvoir faire de même. Je répondis par un sourire gêné, bien incapable de trouver quelque chose à répondre. Ne trouvant pas les mots pour commencer mon interview, Orianne prit l’initiative de lancer le sujet :
-Je crois que vous êtes venue me trouver pour en savoir un plus sur les fantômes n’est-ce pas ?
-Heu… Oui c’est exact. Hum…
Je sortis rapidement de mon sac de quoi prendre des notes et me remémorai toutes les questions que j’avais en tête.
-J’avoue que je ne sais pas où commencer, avouais-je un peu penaude.
A ma grande stupéfaction, Orianne eut un sourire compréhensif et désarmant de gentillesse.
-C’est bien naturel, cette situation n’est pas habituelle et moi-même n’ai jamais été interviewée. Mais je vous en prie, mettez-vous à l’aise et n’hésitez pas !
-Merci… Tout d’abord… je crois que nos lecteurs aimeraient en savoir un peu plus sur l’au-delà. Comment est-ce ?
-Je dois vous dire que je m’attendais à cette question…
Orianne se met à rire doucement. La situation est étrange mais force m’est de reconnaître que mon hôtesse était une personne tout à fait charmante et je ne tardais pas à me détendre.
-… Malheureusement, je crains de ne pouvoir contenter vos lecteurs car en tant que fantôme je suis tenu à un certain secret. Vous comprenez, il y a des éléments que je ne pourrai révéler. Pour ce qui est de la mort, vos lecteurs devront donc découvrir ce qu’il en est par eux-mêmes.
Je dois avouer que je fus un peu déçue par cette réponse mais je rebondis tout de même et tente une nouvelle fois ma chance :
-Il y a donc quelque chose après la mort ?
-Ah… je ne répondrai pas, me répond Orianne avec un nouveau sourire, amusé cette fois.
-Mais vous pouvez nous parler des fantômes n’est-ce pas ?
-Oui bien sûr.
-Est-ce très différent ? Je veux dire… oui bien sûr c’est très différent, mais qu’est-ce qui change exactement lorsque l’on devient un fantôme ?
-Oh et bien… Pas tant de choses que cela finalement ! Vous savez, nous conservons la même personnalité que de notre vivant mais nous ne dormons plus ni ne mangeons et bien sûr, nous ne changeons plus de toilette, ajoute-t-elle en montrant sa robe.
-C’est un problème ?
-On finit par s’y habituer mais quand on est coquette…
-Vous avez donc des défauts ?
Nouveau rire de la part de mon interlocutrice.
-Bien sûr !
-Je me suis toujours demandée, et j’imagine qu’il en va de même pour nos lecteurs, pourquoi êtes-vous devenue fantôme ? C’est un choix ?
-Non, absolument pas. Enfin… ce n’est pas tout à fait exact. Nous avons l’opportunité à tout moment de gagner l’au-delà mais il s’agit d’être prêt et… disons que l’on sent quand le moment est vraiment venu de partir.
-Vous ne savez donc pas exactement pourquoi vous restez ?
-Non. Ca marche à l’instinct je dirai. On a le sentiment que quelque chose nous retient mais on ne sait ce que c’est qu’une fois notre tâche accomplie.
-Ce que vous me dites est assez proche et à la fois assez loin de ce que l’on entend sur les fantômes. Il y a beaucoup d’histoires de morts qui auraient été maudits et auraient été condamnés à hanter le monde des vivants, qu’en pensez-vous ?
-C’est rigoureusement faux. Ces personnes là ne restent pas ici-bas même s’il y a malédiction. C’est bien trop dangereux. Sans en dire trop, il y a un arrangement pour ne pas mettre en péril la sécurité des vivants.
-Les autres fantômes sont donc comme vous ?
-Comme moi… Comme moi… Nous sommes différents bien sûr mais nous aimons tous notre tranquillité en effet.
A cette réponse, je sus que le sujet venait d’être clos et décidait donc de me renseigner un peu sur la vie de mon hôtesse, comment était la vie au XIXème siècle et je dois dire que je ne fus pas déçue : Orianne avait eu une vie très palpitante. Elle avait vécu la révolution industrielle. Bien sûr, sa vie n’avait pas toujours été rose : Elle avait perdu sa mère à l’âge de sept ans, emportée par la tuberculose et avait grandi sans la présence de son père, médecin établi à la garnison de Meerut en Inde. Orianne m’apprit qu’elle y était partie à l’âge de 20 ans pour le rejoindre mais malheureusement, c’était durant l’année 1857, moment où les princes hindous se rassemblèrent autour de Bahadour Chah, empereur mongol, et entamèrent une reconquête de l’Inde contre les anglais. J’appris par la suite que Meerut avait été un épisode particulièrement sanglant de cette révolte mais, sans doute par douleur et pudeur, Orianne ne m’avait pas fait part de ce détail.
Toujours est-il que cette plongée dans le passé me laissa rêveuse le temps de mon séjour chez Orianne Grey. Mais comme on le dit chez nous : pas de repos pour les braves. Téléphonant en France pour prendre des nouvelles du journal, mon rédacteur m’apprit qu’une nouvelle lettre était arrivée à mon attention et qu’il attendait aussi mon article dans les plus brefs délais. Je fis donc mes valises pour me rendre à ma nouvelle destination, encore une fois toute excitée : Une histoire de lutin apparemment…
 
 
Par Mlle Linotte
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Mercredi 6 juin 2007
Salut chers lecteurs pour ce deuxième volet des chroniques de l’étrange !
En partant de chez Orianne Grey, tout ce que je savais de mon rédacteur c’était ma nouvelle destination : La Finlande, dans un bled paumé de campagne. Vous vous souvenez ? Je vous avais parlé d’un lutin ! Et bien ça y est ! J’ai enfin retrouvé sa trace… Et si j’avais su… Je ne serai pas venue. Bien oui, parce qu’entre mon trajet en avion (où j’étais encore dans la plus totale ignorance) et maintenant…J’en ai appris de belles sur mon futur interviewé. Et dire qu’il n’y a malheureusement aucune prime de risque pour la pauvre journaliste que je suis !
Et bien oui, parce qu’aujourd’hui, je vais aller me jeter tout droit dans la gueule du loup, enfin… La gueule d’un petit diablotin de quarante-cinq centimètres de haut à tout casser. Eh oh ! Ne riez pas ! Je me suis documentée et je suis sérieuse ! J’ai peur car mon prochain interlocuteur est Mourioche. Non, non, ce n’est pas une blague, cette créature unique sur terre (et heureusement pour nous) m’a bien envoyé une lettre, à moi !
Malheureusement quand on regarde aussi son CV… Ca se résume à mille et un méchants tours. Vous comprenez que je ne sois pas ravie de faire sa connaissance. Enfin ! Je suis une journaliste professionnelle, une journaliste professionnelle… Me voilà donc en plein milieu d’une lande déserte alors qu’il pleut des cordes à la recherche d’un terrier, d’un creux d’arbre ou tout autre chose pouvant servir d’abri à Mourioche. Le coquin m’avait pourtant fixé rendez-vous mais évidemment, il n’est pas là.
Soudain, un bruit de clochette. C’est lui aucun doute, il n’y en a qu’un lutin au monde qui porte un bonnet à grelots. Et le voilà qui s’avance vers moi, un sourire ravi aux lèvres, certainement parce qu’il a pu me faire bien poireauter et qu’il trouve certainement très drôle le spectacle que j’offre : Je suis maintenant trempée comme une éponge. Ah, beurk ! Comme il est laid ! Un teint maladif, deux petites cornes sortant de son crâne, des pieds fourchus, des oreilles en pointe ri-di-cules, un dos bossu et un regard torve… Non vraiment, ce n’est pas un tableau idyllique. Sur ce, le voilà qui éclate de rire, sans doute à cause de la tête que je tire, et me dit d’une voix aigrelette et peu agréable à mes oreilles :
-Mlle Linotte ! J’espère ne pas vous avoir fait trop attendre !
Et voilà… Ca commence… Et comme ce n’est drôle que si l’on repasse une deuxième couche :
-Comment trouvez-vous ma demeure d’été ?
Gloups. On se force à sourire… J’avais oublié que Mourioche était un adepte du voyage. C’est certain, cet endroit… Il l’a fait exprès.
-C’est… C’est…C’est tout à fait charmant !
Sur cette réponse de ma part, le voilà qui se remet à ricaner. Tête à claque oui mais moi, je ne peux rien faire : Mourioche a aussi la sympathique faculté de pouvoir changer de forme à volonté et même… De se rendre invisible. Moi, je ne veux pas tenter le diable.
-Bon. Et si nous le commencions cet interview ! dit-il avec un petit sourire satisfait.
Là-dessus, il commence à me raconter ses exploits les plus diverses : Comment il fait peur aux passants sur les routes le soir, comment il s’y prend pour affoler les animaux etc etc. Je passe les détails, Mourioche n’aura qu’à se plaindre à la direction.
Bref, tout ça pour dire qu’à la fin de l’interview, le voilà qui disparaît sans crier gare et moi, je me retrouve les fesses par terre, bien sonnée. Pour le coup j’étais furax parce que le pressing, ce n’était certainement pas lui qui allait me le payer. Mais ça, ce n’était pas le pire ! Non, non ! En rentrant en France, dans l’avion… J’avais un sacré rhume moi ! Et là, incapable de remettre la main sur mes médicaments. Je suis sûre, c’est encore lui. Ben oui, parce que Mourioche, il est aussi clepto.
 
 
Par Mlle Linotte
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