FantasyFay présente

Des écrits pour rêver, des écrits pour penser, des écrits pour sourire ou bien pleurer, des écrits pour exorciser. 
Bon voyage dans mes bulles de rêves...

* A vos voeux... partez !

Mercredi 21 mars 2007
 
-Excusez-moi… Pourriez-vous me dire si ce bus va bien à…
Damien n’entendit même pas la fin de la question que lui posait la vieille femme à côté de lui car déjà il lui tournait le dos en levant les yeux au ciel avec un soupir agacé.
Pff… mais pourquoi est-ce qu’ils viennent toujours me le demander à moi ? J’en ai rien à foutre de leurs problèmes !
Haussant les épaules d’indifférence, Damien continua à s’éloigner de l’arrêt de bus sans plus se soucier des protestations outrées qui lui parvenaient aux oreilles. C’était décidé, il rentrerait à pied.
Quelques minutes et trois rues plus tard, de grosses gouttes d’eau vinrent s’écraser sur son visage et commencèrent à couler le long de son cou pour s’infiltrer insidieusement dans son col. Le jeune homme releva la tête pour regarder les nuages gris qui s’étaient amoncelés dans le ciel déjà sombre de cette fin d’après-midi hivernale.
Journée de merde.
Le jugement était sévère, certes, mais Damien n’était pas non plus du genre optimiste et encore moins patient. En fait il n’était jamais satisfait et on ne pouvait que constater à quel point sa vie était triste : Il n’avait aucun ami et n’en recherchait d’ailleurs pas. Les autres ne l’intéressaient, ce qui faisait de lui la personnalisation même de l’égoïsme.
De plus mauvaise humeur encore, le jeune homme se remit en route et finit par arriver trempé devant la porte de ce qu’il qualifiait faute de mieux de maison familiale. Tout laissant présager que ses parents soient absents une fois de plus, il fouilla dans la poche arrière de son sac pour trouver le trousseau de clés et ne prit pas la peine de retenir une exclamation lorsqu’il lui échappa et tomba dans la terre boueuse du jardin.
-Oh c’est pas vrai !
Il se baissa pour récupérer les clés et déverrouilla la porte d’un geste sec et énervé.
-Fais chier, ah si ma vie pouvait changer… grommela-t-il avant de rentrer à l’intérieur en claquant la porte.
 
 Non loin de l’entrée se trouvait un arbre. Et dans cet arbre sur l’une de ses branches, un regard perçant et scrutateur avait suivit toute la scène avec le plus vif intérêt. Un sourire froid de satisfaction s’étira lentement sur les lèvres d’Ellewaë qui s’était perchée sur une grosse branche et se réjouissait d’avance de la tournure que prenaient les évènements.
-Héhé… C’est donc ce que tu souhaites petit humain ? Du changement ? Soit… ton vœu est exaucé, murmura la jolie petite fée en claquant des doigts pour activer le sortilège.
Une petite brise se fit sentir et fit voleter quelques mèches de ses cheveux noir corbeau tandis que son regard tout aussi sombre se perdait dans le vide. Seule trace de vie restante, une petite moue triste sur son pâle visage.
Si Ellewaë avait dû avoir un autre nom, c’aurait sûrement été Amertume car c’était bien ce qui la caractérisait le mieux : Ellewaë était une fée amère. Mais qui ne l’aurait pas été à sa place en se souvenant de l’ancien temps où les humains faisait régulièrement appel à elle pour régler leurs problèmes ? La petite fée en tout cas n’avait pas oublié cette époque et ne pardonnait pas aux humains de l’avoir si facilement jetée aux oubliettes. Après plusieurs siècles, sa rancune était toujours aussi tenace et elle avait donc choisit de prendre les choses en main… A sa manière.
Un bruissement se fit entendre dans le feuillage tandis qu’un oiseau bleu se posait avec grâce et délicatesse à quelques centimètres d’Ellewaë pour la fixer d’un air sévère. La fée jeta un regard acerbe à l’animal et haussa les épaules.
-Sihl… Que me vaut ce déplaisir ? demanda-t-elle avec sarcasme.
L’oiseau sautilla jusqu’à elle avec un pépiement réprobateur.
-Tu ne devrais pas jouer avec les humains, gronda-t-il dans un gazouillement.
-Ah, grimaça la petite fée avec écoeurement. Toujours aussi moralisatrice… Tu ne voudrais pas t’acharner sur quelqu’un d’autre ? Non… ? Et quitte donc cette apparence ridicule, le bleu ne te va pas du tout…
-Et toi tu n’es qu’une peste, répliqua Sihl dont le corps s’enveloppa de lumière.
Quelques instants plus tard, une petite silhouette humanoïde émergeait du halo qui s’évanouit. Une petite fée bleue aux cheveux d’or apparut et s’installa à côté de son amie après avoir soigneusement disposé sur l’écorce un carré de mousse pour plus de confort.
 -Et alors ? s’offusqua Ellewaë, c’est mon problème.
-Justement non. Ta rancœur t’a fait oublier la première de nos lois. Un vœu ne doit pas se faire…
-Sans le consentement de l’humain qui l’émet je sais ! coupa sèchement la fée en fusillant Sihl du regard.
-Ah oui ? releva la fée bleue en fronçant les sourcils. On ne dirait pas pourtant ! Fais attention Ellie… Ta conduite pourrait bien te valoir une sévère réprimande du conseil. As-tu si envie que cela qu’ils endorment tes pouvoirs ?
-Pff ! Et de quoi ils se plaignent ces vieux croulants ? Il nous en fallait un dernier non ? Et ben maintenant on l’a !
Le violet des yeux de Sihl s’assombrit et la fée leva les yeux au ciel avec un long soupir.  
-Tu es désespérante…
Ellewaë lui jeta un regard de biais.
-C’est rassurant… Je ne suis pas la seule dans ce cas, ironisa-t-elle.
-Ton cas et le mien n’ont rien en commun, je te prierai donc de garder tes commentaires venimeux pour toi.
Sur ces mots, Sihl se leva et tendit une main à Ellewaë.
-Il faudrait songer à rentrer.
-Humpf ! émit pour seule réponse cette dernière en saisissant la main tendue. Pars devant, j’ai une dernière chose à faire.
-D’accord mais pas de bêtise hein ! lui rappela une dernière fois Sihl avant de disparaître.
-C’est ça… Compte sur moi… répondit Ellewaë dans le vide avec un petit sourire narquois.


Voilà voilà pour le prologue !  J'espère  que cette petite lecture  a été agréable. En attendant la suite, j'attends avec impatience vos impressions, vos critiques etc
Par Faymorgane
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Dimanche 13 mai 2007
Ce qui réveilla Damien le lendemain matin ne fut pas le bruit habituel et agaçant du réveil mais au contraire un silence pesant. Quelques raies de lumière passant à travers les volets indiquaient qu’il faisait déjà jour au dehors. Le jeune homme jeta un coup d’œil endormi aux chiffres luminescents dans la pénombre. 9h47. Damien se leva d’un bond, bien réveillé pour le coup. Il était en retard pour les cours et sacrément même !
-Oh merde ! s’exclama-t-il en sortant de son lit d’un bond pour s’habiller en quatrième vitesse.
Prêt en un temps record, il attrapa son sac de cours et se rua sur l’entrée sans prendre le temps de faire un détour par la cuisine. La porte s’ouvrit dans un bruissement inhabituel et Damien s’arrêta net en apercevant le bout de papier sur lequel il s’apprêtait à poser le pied. Le lycéen haussa un sourcil interrogateur en fixant le feuillet couvert d’une écriture ronde et soignée.
-Hein ? C’est quoi ça ? lâcha-t-il dans le vide en se baissant pour ramasser le papier.
A peine avait-il parcouru les premiers mots qu’il laissa un hoquet de surprise. Il fallait dire à sa décharge que les quelques lignes de texte avaient de quoi le surprendre :
 
Bienvenu dans ta nouvelle vie sombre crétin !
Et toutes mes félicitations pour ce vœu manquant totalement d’inventivité sur lequel je me suis donc permise d’improviser un peu.
J’espère que ta nouvelle vie te satisfera et que tu sauras enfin apprécier quelque chose à sa juste valeur. Il n’est jamais trop tard pour changer.
E.       
           
Ps : Le changement est définitif alors amuse toi bien.
                  
-Hein ?!!! C’est quoi ces conneries ?! cria Damien en s’étranglant à moitié.
C’est sûrement un canular, pensa-t-il ensuite en réfléchissant au ton railleur employé dans le message. Pestant contre l’imbécile qui lui avait fait ce coup là, il glissa le papier dans sa poche et barra la porte avant de partir en courant vers l’arrêt de bus. Là, il attendit, jetant de fréquents coups d’œil à sa montre pour mieux mesurer l’étendue des dégâts.
Peut-être que j’arriverai à temps pour le cours de chimie, pensa-t-il en montant dans le bus qui venait de s’arrêter devant lui. Damien s’affala dans un siège et regarda autour de lui. Il n’y avait que deux autres personnes dans le bus dont l’une… Oui, dont l’une était nue et perchée sur l’épaule de l’autre !
Y a vraiment des dingues part…
Damien s’arrêta de penser arrivé à ce stade de sa réflexion et ouvrit des yeux grands de stupéfaction. Il venait de réaliser que le personnage en hauteur était de taille bien inférieure à la moyenne et pire encore, que la femme qui servait de perchoir ne se rendait compte de rien. Damien observa le petit être du coin de l’oeil. Il ne semblait pas mesurer plus de trente centimètres et sa silhouette était si menue et paraissait si frêle que le jeune homme était sûr que le moindre choc pouvait le tuer. Il avala sa salive avec difficulté lorsque son regard remonta jusqu’au visage de la créature.
(note : aucun rapport mais tellement à propos)
Masculin ou féminin ? Rien ne lui permettait de le dire. Tout ce qu’il voyait c’était des oreilles pointues encadrant un visage androgyne aux traits délicats et de grands yeux d’un bleu profond renforcé par la couleur dorée de la peau du petit être. Avec effroi, Damien constata qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi beau au monde.
Je suis sûrement malade, pensa-t-il en secouant la tête. Je ne suis peut-être pas en en état d’aller en cours...
Cependant il ne fit pas un seul mouvement pour appuyer sur le bouton et descendre du bus. D’ailleurs, le lycée ne tarderait pas à être en vue. Il attendit donc, figé dans son siège, d’arriver à destination. Là, il s’empressa de descendre du véhicule avec un gros soupir. Cette matinée était décidemment bien trop étrange pour lui….
 
Et malheureusement pour Damien, il semblait que le reste de la journée devait l’être tout autant car où qu’il tourna le regard, une créature plus étrange que la précédente semblait prendre un malin plaisir à le faire sursauter en apparaissant devant lui au détour d’un couloir, derrière une porte ou par-dessus de l’épaule d’un professeur.
Et si certaines l’ignoraient, d’autres au contraire le dévisageaient avec une évidente et avide curiosité si bien que c’était lui qui tentait vainement de ne pas leur prêter attention. Mais malgré tous ses efforts dérisoires pour conserver un semblant de contrôle, plus les heures s’égrenaient, plus Damien avait la sensation de perdre complètement pied dans la réalité. Le résultat fut qu’à la fin de la journée, ses nerfs étaient tellement à fleur de peau qu’il regardait partout autour de lui et sursautait au moindre bruit, finissant par se demander s’il n’était pas en train de devenir complètement cinglé.
 
De retour chez lui, le jeune homme referma la porte avec un soulagement visible. Il resta un long moment adossé en tremblant contre le panneau de bois avant de finir par tirer de sa poche le morceau de papier qu’il y avait glissé le matin de cette longue et éprouvante journée. Pour la seconde fois, il parcourut les quelques lignes de texte avec appréhension cette fois. Il ne comprenait absolument rien mais cet E pouvait certainement lui apporter quelques réponses. Damien avala péniblement sa salive tandis qu’il relisait avec plus d’attention encore les tous derniers mots du message. Définitif… Cela sonnait comme une condamnation.
Un rire moqueur se fit entendre au dessus de lui.
 
 
Par faymorgane
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Mardi 5 juin 2007
 
(note : là encore, aucun rapport avec l'histoire mais j'ai eu un coup de coeur pour cette photo. Elle colle bien avec le titre je trouve et elle est mimi non?)
 
 
 
 
 
 
 
-Qui est là ? demanda Damien en regardant au dessus de lui.
Rien. Et surtout, pas de réponse. Voilà qui agaçait prodigieusement le jeune homme qui n’avait pas l’habitude qu’on lui résiste. Le rire reprit de plus belle et soudain quelque chose lui cogna la tête. Pas très fort mais cela lui arracha quand même une grimace. Quelqu’un se moquait ouvertement de lui et il n’aimait pas ça.
Puis elle apparut devant lui, minuscule mais assez jolie… Pour un être qui ne mesurait pas plus de trente centimètres. De nouveau Damien sentit les battements de son cœur accélérer. Il ne comprenait pas et quand c’était le cas, il paniquait. Ellewaë, car c’était elle bien entendu, lui adressa un sourire tout ce qu’il y a de plus goguenard.
-Allons, allons… Il ne faut pas s’affoler comme ça… Respire, c’est toi qui l’as voulu après tout.
-… E, je suppose, parvint enfin à articuler Damien après avoir pris une bonne inspiration.
Le sourire de la fée s’élargit, la faisant par là même plus ressembler à un prédateur se demandant à quelle sauce il allait dévorer l’agneau devant lui plutôt qu’à la gentille marraine de Cendrillon.
-Qu’il est intelligent… se moqua-t-elle en lui tapotant la joue de sa petite main.
Puis elle soupira et se détourna de lui pour voleter jusqu’au salon.
-Bon ! Il serait temps de t’expliquer une ou deux petites choses maintenant que tu as repris tes esprits. Allez, assis ! ordonna-t-elle en montrant d’un doigt impérieux le canapé.
Contre toute attente, Damien obtempéra le plus docilement du monde. Sans doute était-il trop paumé pour s’indigner de quoi que ce soit. Ellewaë haussa un sourcil devant l’air qu’affichait son interlocuteur et alla agiter sa main devant son regard vitreux. Lorsque ceux-ci semblèrent retrouver une étincelle de vie et qu’elle eut la certitude de bien avoir toute l’attention du jeune homme, elle décida de reprendre là où elle s’était arrêtée, se délectant d’avance de ce qui allait se passer. Et oui, car Ellewaë adorait enfoncer les clous et plus encore si la personne devant elle risquait une attaque.
-Bien, bien, bien. Comme tu as pu le constater… Certaines choses ont changé… Eh oh ! Tu m’écoutes ?
-Hein ? Heu… Oui, reçut-elle seulement en réponse.
Essayer d’ignorer toutes ces créatures bizarres qui venaient d’envahir sa vie était une chose, en entendre une vous faire un petit discours en était une autre. Le moins que l’on pouvait dire, c’était que la pilule avait encore du mal à passer.
-Mouais…Donc, comme tu as pu le constater, tu peux désormais voir toutes les créatures de Faerie, à moins bien sûr qu’elles ne le veuillent vraiment pas. Mais ça s’arrête là, les autres humains, eux, ne le peuvent pas et te prendraient sans doute pour un fou si tu te mettais à parler dans le vide. Tu saisis ? Bien, fit-elle quand elle le vit opiner du chef. Maintenant, on va passer aux véritables réjouissances : Toi, ajouta-t-elle avec un méchant sourire, tu vas te lever, venir avec moi et nous partirons pour Faerie afin que tu nous donnes un petit coup de pouce.
Là… Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Un rouge écarlate envahit les joues de Damien, signe d’une colère à peine contenue. Mais pour qui se prenait cette chose à s’ingérer dans Sa vie et à lui donner des ordres à Lui !
-Quoi ?! Il est hors de question que je parte avec toi ! explosa-t-il.
-Oh ! Il sait parler… répliqua la petite fée imperturbable. Tu as fini ?
-Non, rétorqua hargneusement le jeune homme. Je me fiche de savoir pourquoi tu m’as fait ça, comme je n’en ai rien à faire des problèmes que vous pouvez avoir. Moi la seule chose que je veux, c’est que tout redevienne comme avant, continua-t-il en s’avançant d’un air menaçant vers Ellewaë. Alors, tu vas me refaire ton… truc et tu vas me laisser tranquille !
La fée qui, jusque là, avait écouté sa diatribe sans broncher, se contenta de le toiser en plissant dangereusement les yeux avant de contre-attaquer.
-A mon tour maintenant. Tu vas venir avec moi parce que je l’ai voulu ainsi et que de toute manière mon départ ne changerait rien à ton problème : on ne peut pas revenir sur un vœu exaucé.
Sur ces derniers mots, Ellewaë se rapprocha de Damien, plus doucereuse, et sans aucun doute dangereuse, que jamais. Un simple humain osant lui tenir tête ? Quel comble !
-Et tu vas venir avec moi, reprit-elle, parce que si tu refuses d’obéir sale petit avorton, je vais me scotcher si bien à toi que tu ne pourras plus faire un pas sans me trouver à tes côtés. Et crois moi, je te pourrirai si bien la vie que j’en ferai un véritable enfer. Je te harcèlerai encore et encore, t’apporterai autant d’ennuis que nécessaire jusqu’à ce que tu cèdes. Et si ça ne suffit pas, je pulvériserai ta misérable petite existence morceaux par morceaux jusqu’à de que tu sois tellement brisé que tu ne pourras plus sortir de chez toi de peur de ce qui pourrait t’arriver. Je suis très forte à ce jeu là tu sais, conclut-elle avec un sourire dérangeant. Tu peux croire, tu te lasseras de tout ça avant moi alors je te conseille d’accepter maintenant.
Autant dire qu’après un tel exposé, Damien n’avait plus la moindre envie d’ergoter. Et ce fut donc contraint et forcé qu’il accepta d’obéir sans discuter à une fée dix fois plus petite que lui.
 
 
Par morgane
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