FantasyFay présente

Des écrits pour rêver, des écrits pour penser, des écrits pour sourire ou bien pleurer, des écrits pour exorciser. 
Bon voyage dans mes bulles de rêves...

Bribes

Jeudi 7 juin 2007
Mon cœur battait pour toi et pourtant, j’ai instauré une distance, je me suis entourée de défenses et j’ai gardé le silence. Je ne voulais pas que tu me voies, je ne voulais pas que tu m’approches. Sans doute avais-je peur, peur d’être blessée. Encore une fois.
Il est tellement facile d’être meurtri, il est tellement facile de souffrir. On dévoile son cœur et un autre le blesse. C’est si aisé, notre cœur est une telle faiblesse.
Alors on se bâtit une forteresse. Un mur, un mur et encore un autre. Comme ça notre cœur est hors d’atteinte, bien à l’abri. Mais il y a une chose que l’on ne prévoit pas : La solitude aussi fait mal.
Par morgane
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Vendredi 8 juin 2007
Je n’ai fait que l’entrapercevoir, juste un moment, cette fille dans ce miroir. Je connaissais son visage, je connaissais son nom et son histoire. Et pourtant... C’était une étrangère. Il y avait quelque chose, quelque chose de différent cette fois là. Quelque chose en trop ou quelque chose en moins. Le regard, peut-être, n’était pas le même… Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que ce n’était pas moi, c’était une autre, une autre dont j’avais ignoré l’existence. L’avais-je fait volontairement ? 
 
 
Par morgane
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Jeudi 5 juillet 2007
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Elle court. Elle court droit devant elle, sans savoir où aller mais elle court. Elle court encore et toujours, toujours plus loin, encore plus vite. Dans sa poitrine son cœur a mal, elle va trop vite. Il palpite, il se déchire, il la brûle mais elle continue. Il faut qu’elle aille plus loin, il faut qu’elle coure, qu’elle s’éloigne. Son cœur a mal, il n’en peut plus mais elle accélère. Elle court pour oublier. La douleur est insupportable mais elle continue. Elle veut la ressentir, elle veut s’y perdre et s’y noyer. Cette souffrance,  elle lui en fait oublier d’autres.
Un hurlement. Elle s’arrête et lève les yeux, elle n’arrive plus à respirer. Il est là haut sur la colline, droit devant elle, elle peut le voir entre les arbres. Un loup. Il chante. Il chante pour elle. Elle le regarde et elle l’écoute. Il chante la beauté d’un monde, il pleure un rêve disparu. Ils se ressemblent, ils sont deux êtres perdus. Quelque chose se brise. Et elle crie, elle joint sa voix à la sienne. Elle crie encore et encore, elle crie sans s’arrêter, jusqu’à ce que le tumulte s'essouffle et meurt.
Alors, comme le loup lui a prêté sa voix, elle lui fait don de ses larmes...
Par morgane
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Dimanche 2 septembre 2007
Un poids immense écrasait son cœur, comme si une main cruelle et glacée le pressait impitoyablement pour le vider toutes ses forces. Toujours un peu plus, toujours un peu plus fort. Il était si lourd, si lourd à présent ce cœur qu’elle ne voulait plus sentir battre, si lourd qu’elle en souhaitait ne plus rien ressentir, qu’elle aurait voulu s’y enfoncer une lame pour ne plus souffrir.
Je ne suis pas intéressé. Voilà les seuls mots qui n’arrêtaient pas de se bousculer encore et encore dans sa tête. Je ne suis pas intéressé. Elle se recroquevilla un peu plus dans son lit, serrant plus fort encore son oreiller. Il était mouillé et elle, elle avait les yeux rougis d’avoir trop pleuré.
Une boule se forma dans sa gorge et elle eut envie de hurler. Je ne suis pas intéressé. Elle se mit à serrer ses poings. Elle les serra jusqu’à ce que ses ongles s’enfoncent durement dans la peau de ses paumes et les fassent saigner. Je ne suis pas intéressé. Il lui avait balancé ça à la figure avec indifférence et il avait continué son chemin sans même un sourire d’excuse ou le plus petit regard. De nouvelles larmes perlèrent au bout de ses cils menaçant d’inonder à nouveau ses joues puis un pli amer se dessina sur ses lèvres.
Le savait-il ?! Savait-il à quel point il lui avait fallu de courage pour venir le voir ?! Savait-il à quel point elle s’était angoissée à l’idée de venir lui parler ? Et lui, il l’avait piétiné. De quel droit avait-il agit ainsi ? Comment avait-il pu l’humilier de la sorte ?
Une rage nouvelle se mêla à sa tristesse et elle se mit à frapper son matelas, les traits de son visage durcis par sa colère.

 


Petit cadeau avant mon départ pour un nouveau stage, de prospection cette fois. Gros bisous !
Par morgane
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Vendredi 14 septembre 2007

Esprit ou instinct, raison ou passion, réalité ou rêve. Les termes changent, le conflit reste le même. Deux envers pour un décor, deux facettes pour une personne. Il y a deux êtres en moi qui se déchirent.

L’un est celui qui s’offre au monde, ancré dans le réel tel l’amarre d’un bateau pour contenir une dérive. Celui-ci aspire à une vie normale, une vie cantonnée dans un quotidien calme et rassurant. Il est le vide d’une existence sans évasion.
L’autre est l’ombre tapi dans la lumière, l’être qui ressurgit quand vient la nuit, un écho vibrant venant du fond de l’âme. Animal et sauvage, il a soif d’aventure et d’inconnu, il est le rêve de magie.
Il y a deux êtres en moi qui se déchirent, vivant chacun dans la conquête de l’autre. Il manque au premier un rêve, au second une réalité mais entre eux aucune complémentarité.
 
 
Par morgane
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Samedi 29 septembre 2007

La jeune femme détailla ces étranges personnages qui lui faisaient face. Elle ne les avait jamais vus auparavant mais malgré cela, aucun ne pouvait lui être plus familier qu’en cet instant : Il y avait quelque chose dans leurs regards, leurs attitudes qui trouvait écho à son propre cœur.

Après un instant à les regarder en silence, elle s’approcha du premier, sombre figure aux traits mal définis. De lui n’émanaient que noirceur et solitude, pleurs et désillusions. Un être effrayant devant lequel on ne pouvait que trembler mais pourtant, comme les autres il lui était familier et elle n’en avait pas peur.
-Bonjour. On se connaît n’est-ce pas ? Qui es-tu donc ?
L’autre leva vers elle un regard métallique et ce fut une voix venue des profondeurs qui lui répondit.
-Qui je suis ? Vois-tu ces personnages que tu écris dans tes histoires… Ceux qui ont goûté l’amertume de la trahison, ceux qui ont, imprimé dans leur chair, l’envie du sang et de la vengeance, ceux qui luttent désespérément contre le désespoir d’une vie sans issue, ceux qui souffrent prisonniers de leur solitude, ceux qui se sont laissés envahir par la tristesse… Je suis tous ces personnages et aucun à la fois. Je suis ces émotions noires que tu leur insuffles pour te décharger de ton mal.
-Es-tu… Une part de moi ?
L’autre sourit et hocha la tête.
-Je suis celui dont tu as besoin pour te sentir revivre.
Il disparut et elle se tourna vers la petite fille qui attendait son tour. Une enfant au visage d’ange mais dont les yeux ne reflétait que regrets et gravité.
-Toi aussi n’est-ce pas ? Quelle part de moi es-tu ?
-Moi je suis ce que tu as abandonné. Je suis tous ces rêves que tu as oubliés, je suis ces rêves à venir que tu n’oseras jamais faire exister, je suis ces envies qui tu n’oses pas assouvir, ces projets que tu as entrepris sans jamais les finir, je suis la victime de ta lâcheté.
-T’ai-je fait mal ?
La fillette sourit.
-Tu n’as fait de mal qu’à toi-même.
-Comment faire pour réparer ?
-Ecoute-moi juste de temps en temps et quelque fois, laisse-moi sortir.
-Viens, répondit la jeune femme en se baissant et ouvrant grand ses bras.
L’autre sourit plus encore et vint s’y blottir avant de disparaitre à son tour. Elle se releva et se tourna vers le troisième être, une jeune femme entourée de lumière qui attendait en silence que vint son tour.
-Et toi qui es-tu ?
-Moi ? fit l’autre avec un sourire ironique. Tu n’as pas besoin de te réconcilier avec moi. J’ai changé au fil des ans mais toujours avec toi. Je suis celle que tu espères devenir, je porte tous tes espoirs.
Par morgane
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Dimanche 7 octobre 2007

Elle paraissait si dure cette jeune femme, si dure et insensible. Mots ou maux, rien ne semblaient pouvoir l’atteindre. Elle était froide et indifférente, souvent blessante pour l’objet de son courroux. Je l’ai envié, je l’avoue. Je lui ai envié cette assurance, cette arrogance, cette facilité déconcertante à percer par seulement quelques piques les armures les plus dures. Moi je ne savais pas faire, quand venait l’heure de me défendre, les paroles se mourraient avant même de parvenir à mes lèvres. Ce que je voyais en elle ? Un don. Un don horrible et une arme d’une efficacité sans pareil.
Et un soir, je l’ai vu. Elle pleurait et alors j’ai su : Ce n’était qu’une enfant seule, malheureuse et perdue.

 
Par morgane
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