J’ai ouvert les yeux et j’ai regardé le plafond. Je n’entendais rien sinon ce pesant silence ponctué des battements de mon cœur. J’étais là, sur mon canapé, et le soir tombait
déjà. J’étais là, comme perdue, sans le souvenir d’avoir été fatiguée ni même celui de m’être allongée.
Et puis un écho, une étrange sensation familière. Durant ces heures, j’étais partie, j’avais voyagé, dépassant le vent à la course, tombant sans fin, volant sans cesse. J’étais
allée quelque part, dans un endroit sans nom, un endroit peuplé d’ombres.
L’espace d’une seconde, cette sensation m’est revenue, me laissant suspendue sur le fil du temps. Puis, sans que je sache vraiment pourquoi, les larmes se sont mises à couler. Il
me manquait quelque chose mais je ne savais plus quoi.
Par morgane
3
-
Recommander
J’ai regardé le ciel et je les ai vues, je les ai vues ces géantes qui brillent de milles feux sur cette toile infinie couleur de nuit. Comment ne pas se sentir petit, comment ne
pas ressentir notre insignifiance face à ce spectacle et pourtant… Pourtant même ces géantes n’échappent pas à nos lois.
Ce soir j’ai contemplé le ciel. Ce soir plusieurs étoiles avaient disparues. Elles sont mortes à leur tour dans la plus grande indifférence. Elles se sont éteintes avant même que
l’on ait pu le voir, là-bas, dans cette immensité glacée et silencieuse…
Des soleils naissent comme les hommes, des soleils meurent tout comme nous.
Par morgane
4
-
Recommander
L’air est lourd, chargé d’énergie et de cette odeur si particulière qui semble ne ressurgir que pour cet instant privilégié. Puis un grondement… Et le ciel se déchire, écartelé par
ces lumières qui labourent l’atmosphère. Il n’existe plus rien, plus rien d’autre que ce combat de titans, que ce spectacle merveilleux et effrayant ponctué du roulement incessant du tonnerre,
comme un appel, comme une menace. Et vient la pluie, comme des larmes qui apaisent. Le fracas s’éloigne et elle envahit le ciel.
Certains pensent que la terre n’est qu’un immense caillou, qu’elle n’a pas d’âme. Et si ils se trompaient ? Et si ce rugissement n’était que l’expression de sa colère ?
Et si cette pluie n’était que la manifestation de sa tristesse ? Et si la terre avait mal ?
Par morgane
6
-
Recommander
C’était un spectacle inouï, un délice des yeux pour le régal de mes sens… Mais qu’était-ce donc que ces lumières qui venaient en kyrielles charmer mon regard et enivrer mon
âme ? Je ne le savais point mais je m’abandonnais sans regrets ni remords à leur pureté féerique, je les laissais m’emporter et me bercer.
Elles venaient là, tout autour de moi, envahir le ciel azuré de cette fin de journée, telles une nuée de lucioles aux couleurs chatoyantes, chacune plus éclatante que la
précédente. Elles étaient là pour moi, spectacle de toute beauté, un moment précieux, un instant magique.
Elles planaient, dansaient dans les airs, virevoltaient ! Tantôt flottantes, tantôt vibrantes, elles tourbillonnaient encore toujours, disparaissant sans cesse pour mieux
revenir s’offrir à mes yeux en un spectacle radieux.
Ce petit texte en prose m'a été inspiré d'un tableau portant le même nom de Frederianne. Pour ceux qui sont coutumiers du site, ils connaissent sans nul doute. Pour les autres, voici le
lien pour ce rendre dans ce monde de couleur et que j'engage vivement à visiter : http://www.revesland.com/article-10914549.html
Par morgane
5
-
Recommander
Elles ressurgissent de terre ces senteurs que j’avais pour un temps oubliées, ces arômes que je redécouvre comme pour la toute première fois et que je goûte à nouveau avec volupté
et délice. Odeurs de sous-bois et de terre mouillée, parfum de mousse humide dans la rosée du soir, flagrances des dernières fleurs à l’approche de l’hiver. Elles envahissent l’air et me
chavirent à jouissance ces saveurs de l’automne qui enchantent mes sens.
Mille essences pour mille apparences. Et je contemple à l’envie cette pléiade irisée : Du brun, du doré, du rouge et de l’orangé… Tant de nuances qui ravissent ma vue pour
faire danser mes pensées et envoler mon cœur. C’est l’automne, le temps de la pluie sous un ciel gris, et la mue de la terre dans ses plus belles couleurs.
Par morgane
5
-
Recommander
Le bien-être. Ce fut la première des sensations qui m’envahit lorsque je retrouvai immergée dans cette immensité d’eau tiède. Tout à coup je me sentais bien, à ma place et plus
rien d’autre ne m’importait que retrouver cette étrange et lointaine impression dont je ne conservais pas le moindre souvenir. Je restais là, immobile et retenant mon souffle, recroquevillée sur
moi-même en attendant qu’un voile se déchire.
J’attendais, à l’écoute du silence. Ce silence si particulier de l’eau, ce silence à la fois profond et apaisant. Plus rien n’existait autour de moi, rien sauf ce bruit sourd et
régulier, ce son qui seconde après seconde se faisait de plus en plus fort et rapide, l’élan d’un cœur battant pour vivre.
Soudain une explosion, une brûlure dans ma poitrine. Mon corps se détendit comme mué par une volonté propre mais je le laissais faire. Mon visage creva la surface de l’eau et
j’ouvris la bouche pour inspirer avidement de l’air autant que pour crier. Un long cri, le cri d’une seconde naissance.
J'ai enfin réussi à dégoter l'effet que je voulais sur photofiltre. Ca donne bien hein? ^^
Par morgane
8
-
Recommander
A vos plumes !