FantasyFay présente

Des écrits pour rêver, des écrits pour penser, des écrits pour sourire ou bien pleurer, des écrits pour exorciser. 
Bon voyage dans mes bulles de rêves...

Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 18:12

Avec beaucoup de retard mais je voulais prendre mon temps et soigner le plus possible ce texte qui me tient à cœur. :-)


Elle reposa sa plume et se frotta les yeux, énervée. Elle n’arrivait à rien, quelque soit le temps qu’elle avait passé assise à son bureau, aucune ligne n’avait daigné naître sous sa plume et le feuillet devant elle restait désespérément vierge de toute écriture.
Après un instant à fixer d’un air sombre la page blanche, elle se décida à faire une autre tentative. De nouveau elle empoigna sa plume, la trempa dans l’encre noire et s’attela une fois de plus à sa tâche. Une phrase, puis une autre... Soudain elle raya le tout, chiffonna la feuille et avec un cri de frustration, envoya valdinguer la plume à l’autre bout de la pièce. Rien, rien, rien. C’était nul. Tout ce qu’elle parvenait à écrire était insipide, sans relief et sans vie, l’exact reflet de son esprit. Elle devait se rendre à l’évidence : Son cerveau restait hermétiquement vide. L’inspiration l’avait quitté.
Dépitée, elle fit basculer son siège en arrière et le fit tourner du bout des pieds jusqu’à ce retrouver face à la grande baie vitrée qui permettait l’éclairage de la pièce. Peut-être qu’à force de regarder dans le vide, une idée ferait-elle son apparition. Son regard se posa sur l’arbre mort qui se dressait fièrement au milieu des plantes luxuriantes du jardin et elle se demanda une fois de plus pourquoi de son vivant, sa grand-mère s’était toujours refusée à l’abattre.
Ce n’est qu’un vieux machin tout tordu, songea-t-elle en baillant, faudra que je demande au jardinier de s’en occuper…
Lasse, elle ferma les yeux pour mieux apprécier la chaleur des rayons du soleil qui perçaient les carreaux pour venir lui chatouiller le visage. C’est alors seulement que son esprit se mit à dériver et qu’elle commença à se souvenir :
Cet arbre n’est pas comme les autres, lui avait un jour soufflé sa grand-mère alors qu’elle était enfant. Quand les mots te feront défaut, à minuit il fleurira pour te livrer ce qui te permettra de les laisser sortir.
Elle entrouvrit les yeux et jeta à l’arbre un coup d’œil septique avant de se retourna vers son bureau en soupirant. C’était grotesque, juste un conte à dormir debout que sa grand-mère avait inventé pour elle. Avec une moue bougonne, elle s’accouda au bureau et entreprit de compter les étagères. De longues minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne se retourne à nouveau vers le jardin pour regarder l’arbre mort en faisant claquer sa langue sur son palais. Un sourire septique teinté cette fois de moquerie vint étirer les coins de ses lèvres. A minuit hein ? Et bien elle verrait ça.
Ca aura au moins le mérite de me changer les idées, spécula-t-elle en se levant pour quitter le bureau.
 
Le soir venu, elle n’avait toujours pas oublié son projet mais plus le temps passait, plus cela lui semblait ridicule. Etait-elle donc si désespérée pour croire à une fable ? Il fallait le penser car quand minuit approcha, elle se rendit tout de même dehors pour se planter devant l’arbre mort. Une minute passa, puis une autre et encore une. Les secondes s’égrenèrent sans que rien ne se passe. Elle haussa les épaules et se mit à rire de sa propre bêtise. Avait-elle pu vraiment adhérer à une telle ineptie ? 
Secouant la tête en souriant, elle s’apprêtait à tourner les talons quand soudain de petites lueurs apparurent. D’abord rares, elles se firent peu à peu plus nombreuses pour envelopper lentement l’arbre d’un doux halo bleuté. Puis, progressivement sous son regard incrédule, de minuscules feuilles émergèrent un peu partout dans un léger bruissement, croissant à vue d’œil jusqu’à se changer en un riche feuillage au vert profond. Dans le même temps, d’étranges petits bourgeons blancs faisaient une timide apparition pour soudainement éclore en corolles à l’extrémité des branchages. Mais ce n’étaient pas à des fleurs auxquels ils donnaient naissance, ni mêmes à des fruits, mais à de légères plumes, de toutes petites plumes fragiles et délicates, à la pureté d’une blancheur sans égale.
Elle, incapable de faire le moindre mouvement, de prononcer un seul mot, regardait la scène se jouer d’un regard émerveillé, à ses lèvres suspendu un sourire enchanté. Ce ne fut qu’après un long temps qu’elle tendit une main pour cueillir doucement l’une de ces plumes si exquises à sa vue. Le toucher en était soyeux et sa main se fit plus fébrile, incertaine. Elle hésita. Avait-elle réellement besoin de l’une de ces merveilles ? Leur vue déjà l’exaltait sans pareil.
 
 
 
Merci encore Frederianne pour ce magnifique cadeau, j'espère que l'écrit est à la hauteur ! ^^

Par morgane - Publié dans : Brèves de rêves... - Communauté : Ecrire
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